13.05.2007

La grotte de Jean-Michel Chesné

 

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Enfant de Clamart, Jean-Michel Chesné a eu son premier déclic artistique en allant à une exposition sur Georges Braque. Son second déclic fut une visite au Palais Idéal du Facteur Cheval. « Ca m’a appelé à visiter d’autres sites singuliers, d’autres lieux clandestins, explique-t-il, 5 ans plus tard en 1997, j’ai décidé de construire une grotte dans la cour de mon immeuble de Malakoff… Je l’ai faite en 2 ans. Le jour, je bossais dans la fonction publique et le soir, je sculptais la grotte ».    Les murs sont en bois et recouverts de mosaïques ; le toit est en fibre de verre. « Je fais de la mosaïque à plat raconte-t-il,  je suis attiré par la rocaille ». Belle rocaille en vérité,  
Aujourd’hui, soutenu par l’Assemblée des copropriétaires, il plante des totems multicolores dans la cour et recouvre les murs de nouvelles mosaïques faites de débris de vaisselle, de coquillages et d’objets divers.
27 rue Avaulée, 92240 Malakoff.

19.11.2006

Pierre Rapeau, le maquilleur de la nature

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Photo © Nicole Chatelier



Fatigué du monde, Pierre Rapeau, professeur de sciences naturelles, est retourné un jour dans les bois de son enfance, prenant, dit-il, « le paysage du Périgord comme un grand cahier pour y inscrire ses rêves » et jeter comme le Petit Poucet des bouches et des yeux sur les écorces et les granites. Au milieu des bois, sur un tapis de fougères, les yeux mi-clos, il me raconta l'histoire de ces souches, roches et racines qu'il a peintes. « Au début des années 1980, j'étais atteint de silence. J'étais prof de biologie. J'en avais marre et j'ai divorcé. Je suis allé parler aux arbres de mon enfance. J'ai repeuplé mon monde avec mes propres créatures, ma propre mythologie, lointains échos des légendes que ma grand-mère me racontait."
Il s’agissait pour lui de se retrouver tout simplement et de retrouver un monde qu’il avait perdu de vue à Paris. Pendant toute sa période parisienne, il fréquenta seul et sans formation les galeries de peinture, surtout rue de Seine. Il se promenait toujours avec un carnet où s'inscrivait une recherche poétique entre dessins et texte. De là peut-être cette envie, cette rage d'écrire sur tous les supports possibles du paysage, arbres, souches, terre, glace, neige, outils agraires abandonnés, croix, feuilles, vieux murs…
Avec Pierre Rapeau, une nouvelle génération d’artistes est née, les maquilleurs de la nature. Un soir de juillet 1992, j'ai couru au fond des bois périgourdins, aux côtés de ce grimeur d'arbres qui peuplait de créatures, depuis plus de dix ans, les sous-bois d'Abjat, effrayant les petits enfants, agaçant les chasseurs de sangliers. J'ai vu au crépuscule les derniers rayons du soleil venir mourir sur le visage mélancolique de «la Belle Endormie». J'ai senti les yeux des dryades et des licornes tatoués sur les écorces nous épier. Pierre Rapeau caressait avec tendresse les visages graffités dans la pierre et le bois, un poème flottant sur les lèvres. Sans le savoir, il avait suivi les traces de Richard Long et d'Hamisch Fulton, transformant le paysage en palimpseste végétal, Hamisch Fulton qui disait : « J'ai choisi de faire de l'art en marchant, en utilisant des lignes et des cercles, ou des pierres et des jours.»
La journée de ce peintre des arbres obéit à un rituel étrange et précis. Au petit jour, il part à bicyclette, le nez au vent, au rendez-vous des arbres, deux gros pots de peinture brinquebalant de chaque côté de son guidon. Comme un Indien, il s'enfonce dans les bois moussus chargés d'odeurs d'herbe mouillée et d'écorces, et se perd dans les buissons, le regard flottant, scrutant l'ombre épaisse des sous-bois. Par surprise, il capture sur les troncs noueux de châtaigniers morts les formes endormies qui gisent secrètement dans les souches hérissées, les racines arachnéennes et les grosses boules de granite qui affleurent le sol. Alors il prend ses couleurs et grime avec douceur les arbres à l'agonie. D'un coup de pinceau, il souligne l'arrondi d'une bouche pulpeuse, l'ovale d'un œil, le mufle rouge d'une licorne, révélant ainsi nymphes et dryades assoupis dans les plis des arbres. Le résultat est surprenant, mystérieux. Des elfes, des guerriers indiens, des femmes-fées, des totems masqués surgissent sur les loques des arbres oubliés dans leur tombe forestière.
Pierre Rapeau délivre les divinités sylvestres prisonnières des écorces. Il leur donne un visage déshabillé de rides, les baptise de noms sortis de sa propre mythologie. Les arbres morts se métamorphosent alors en «Cosaque», en farouche «Gobeur de ciel», en «Vieil Insurgé» au visage cruel, en «Femme-Licorne» à la corne rouge, en «Jean-sans-tête», en «Père-la-Colère» aux yeux accusateurs, en «Homme-mouton» doré... Autant de silhouettes légendaires empruntées aux récits de sa grand-mère. Les bois s'animent, se peuplent d'yeux rieurs, vengeurs, qui agacent les bûcherons et effraient les petits enfants. Etrange bal masqué pour ce grand maître des arbres cornus et branchus...
Attentif aux gémissements des branches, aux bruissements du feuillage, le tatoueur des bois évite de blesser les arbres. Il les caresse en les peignant. Ses interventions se veulent éphémères : la pluie, le vent, la neige effacent les visages, mais, têtu, Pierre rapeau recommence, courant d'un arbre à l'autre. Les arbres le guident, l'appellent au plus profond des broussailles. Une œuvre déambulatoire où l'anecdocte devient fragment d'une vaste histoire forestière. «La Belle Endormie», par exemple, fut de tout temps un simple bloc de granite à demi enfoui dans les herbes, qui servait de rendez-vous aux chasseurs de sangliers, jusqu'au jour où le tatoueur remarqua que les derniers rayons du soleil venaient mourir sur les formes arrondies de la roche. Les soirs d'hiver, du rose s'attardait sur la pierre, et Pierre Rapeau rêvait jusqu'à la nuit tombée, bercé par les vents oiseleurs.
Un jour, caressant le rocher, il sentit la forme parfaite d'une bouche. En une nuit, il peindra frénétique les deux demi-visages d'une femme, soulignant les lèvres charnues et les yeux mi-clos. Tout près d'un étang, le «Roi Crapaud» guette les égarés et des sorciers masqués attendent la nuit pour filer au sabbat, là-bas, du côté de Puizillou et de La Roderie. Un itinéraire initiatique qui s'est enrichi d'une grande fresque au saut de Chalat, racontant la légende des cloches d'Abjat, une légende noire faite de jacqueries et de misère, surgie de la fin du règne de Louis XIII... Au fil du temps, les couleurs se sont faites plus crues, plus dures, les formes plus expressives. Le pastel tendre des débuts est devenu acrylique. Comme si le maquilleur avait eu envie de réveiller la nature, de rendre le granite vivant, l'écorce sensuelle.
La singulière aventure artistique de Pierre Rapeau m’évoquait un art ambulatoire, celui des traditions picturales des anciens peuples africains. Une quête primitive qui cherche son chemin dans les profonfeurs des bois périgourdins. Et comme un sorcier animiste, il conclut : « Vous savez, j'ai toujours l'impression que les arbres écoutent le battement de mon cœur... »<

26.10.2006

Jean Linard, le bâtisseur de la Cathédrale du Vent

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Photo © Nicole Chatelier

"La nuit je rêve à ma Cathédrale et le jour, c'est le marteau qui fait les formes", me raconta Jean Linard, un matin de printemps entre ciel et bois. "Je retrouve mon enfance, quand je faisais des cabanes. La Cathédrale, c'est ma cabane sacrée. Ça fait dix ans que je la construis."
Ce moine-sculpteur, né en juin 1931 au village de La Marche, dans le Loiret, ouvre une bouteille de sancerre, le sourire aux lèvres. À l'origine, il voulait travailler en communauté. Il s’est retrouvé avec sa femme et ses enfants.
À l'image des sculpteurs médiévaux, Jean Linard a posé sur le gazon de sa prairie sa cathédrale, drolatique, insolite, une cathédrale faite de dizaines de volumes de céramique multicolore. Sa façon à lui de rendre hommage à Dieu, de lui exprimer sa foi à travers les émaux, la terre et le verre.
Son rêve a commencé en 1961, quand il acheta à la lisière d'un petit bois du Cher une carrière de silex abandonnée depuis quatorze ans, pour y bâtir une maison aux toits pentus, ornés de pots de fleurs en forme de gargouilles et de monstres hilares. Une aventure architecturale qui se prolongera par la construction d'une cathédrale ne ressemblant à aucune autre. Ici, le toit, c'est le ciel ; les voûtes, les bras des arbres ; le chœur, un pré peuplé d'une vingtaine de volumes triangulaires en béton de trois à quatre mètres de haut, incrustés de céramique multicolore. Ils s'élèvent vers le ciel en hommage solennel aux vignerons de la région, le cœur percé de somptueuses rosaces faites de bouteilles et de débris de miroirs.
« Ma Cathédrale a le ciel pour toit, commente Jean, elle dort à la belle étoile. J'ai même une vigne à l'intérieur. Je passe de temps en temps la tondeuse entre les mobiles et les sièges et j'ai des apparitions de ceps et de châtaignes. Voilà pour la topographie. Le reste, on l'organise comme on veut. L'essentiel, c'est que ça pète de couleurs.»
Au bout d'un chemin pavé, une arche de brique et de pierre noire du Berry, dont les flancs éclaboussés de couleurs vives glissent sous la fraîcheur parfumée des hêtres et des chênes. C'est la nef, avec ses arcades émaillées de vert, de rouge et de bleu, qui accueille la pluie, le vent et le soleil. Au premier abord, l'œil est attiré par les formes triangulaires et les pépites de couleur qui éclatent dans le flou des feuillages. Pas de statues ni de colonnes, mais, sur l'herbe, de grands mobiles et des candélabres de verre, destinés à capturer les images qui passent. Suspendus à des branches d'arbres, des planètes-miroirs en inox rouge et noir tournoient lentement en cliquetant. La nef bourdonne de coups de cimbales furtifs. Une manière cubiste d'occuper l'espace, de peupler la nature de volumes multiformes.
L'accès à ce sanctuaire laïc se fait par un étroit porche en céramique, dont le tympan ruisselant de sculptures peintes est tatoué d'un «Jésus» en lettres multicolores. Chaque élément de la cathédrale est l'expression d'un symbole. Les volumes, ornés d'un cortège de disques solaires, évoquent les piliers pourvus d'étranges chapiteaux des églises romanes, avec volutes et feuilles d'acanthe ; les socles pyramidaux, historiés de figures allégoriques, la Trinité évangélique ; l'herbe et ses vagues de fleurs, l'Océan.
Sur les murs, un chemin de croix en céramique court sous une treille. Dans le chœur où pépient les oiseaux poussent, au milieu des fleurs, des sièges en grès surmontés de têtes d'anges jouflus, dorés à l'or fin. Cernés de feuillage vert et rouge, ils tressent à l'ombre des piliers leurs désirs secrets de faunes rustiques... Dans leur cour fantastique, ils sont accompagnés des quatre évangélistes et de Paul, un ami de l'artiste, tous les cinq apparus un beau matin dans la nef sous la forme singulière de miroirs mobiles. La nuit, la lumière des étoiles et des feux d'avion vient mourir dans les yeux des anges devenus elfes et nains moqueurs.
Adossé à la maison de l'artiste, un baptistère croule sous un torrent de mosaïques dont les couleurs se reflètent dans une flaque de ciel jetée à ses pieds. Sans doute le chef-d'œuvre de ce céramiste inspiré qui a su hérisser son domaine de motifs évangéliques, exaltant sa foi personnelle en Dieu et les prophètes.
Il a fallu beaucoup de courage et d'imagination à Jean Linard pour mener à bien cette œuvre nourrie par une authentique recherche spirituelle. Ses anges rient, psalmodient la parole du Christ : «Je suis la couleur du monde, je suis la lumière du monde».
Comme les artistes médiévaux, Jean Linard a une formation polyvalente : graveur, potier, céramiste, sculpteur. Son art s'en ressent : les lignes sont pures, les couleurs franches, l'inspiration géométrique. Une fièvre spirituelle le dévore, et c'est sans doute pour ça que la Cathédrale de Jean Linard est l'une des œuvres d'art populaire les plus achevées de France en cette fin de XXe siècle. L’artiste, devant une bouteille de sancerre frais, conclut : « Contrairement à la retraite, l'éternité est gratuite. La retraite ne m'inspire pas, l'éternité par contre est ma passion. Alors j'exprime ma foi en Dieu à travers la céramique, le ciment, la terre, le verre, la peinture... La terre du Sancerrois est riche, malléable ». Et comme pour bâtir une cathédrale, il faut cent ans, il reste encore à Jean Linard quatre-vingt dix ans de travail. Il faut de l'innocence et de l'éternité, et l'éternité, celui qui se prétend l'artiste du grand Créateur en a plein ses flacons...
De temps en temps, il fait des petites cérémonies et des grandes fêtes. Et si on lui demande si il a une formation d’architecte, il répond : « La belle question! J'ai passé quatre ans au collège technique Estienne, section gravure. J'ai travaillé ensuite comme graveur. Je me suis fait potier et, depuis 1984, bâtisseur de cathédrale. Il me suffit d'une bonne bétonnière et d'un four qui monte à 1 200 degrés pour cuire la terre et faire mes émaux ».

13.10.2006

Le guerrier du métal

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Photo © Nicole Chatelier


Robert Le Lagadec voulait laisser une trace de métal derrière lui. Il laissera surtout la griffe d’un artiste singulier, farouche, rétif à toutes les modes, à tous les ordres. « Toi l’Artiste, aimait–t-il à dire, sois homme de guerre, plutôt qu’un soldat qui se couche pour un monde qui te détruira ». Pendant vingt ans, ce farouche Breton a sculpté des statues métalliques, ses fameuses Divinités païennes, qu’il aimait comme ses propres enfants et qu’il refusait de vendre. Il les a plantées entre quelques pavillons de brique, dans une petite prairie à la lisière d'un petit bois de l'Essonne, utilisant pour les fabriquer de vieilles tôles rouillées récupérées dans les casses du coin. Il est mort le vingt-six décembre 2002.
Aujourd’hui, au milieu de sa prairie, les sculptures métalliques bravent la pluie, le soleil et le vent. Elles sont noires, aériennes, sauvages. Leurs mains sont des griffes d'acier, leurs visages de terribles mufles de métal déchiré et leurs corps éclatés se terminent en queue de reptile. Quand on lui demandait ce qu’il faisait, Robert répétait sûr de lui, les yeux brillants : j'invente un culte artistique dédié aux forces primitives. Fier de ses origines, il rappelait que son père était porcher et sa mère basse-courrière, et il ajoutait, malicieux, que lui était un poète-forgeron. Son atelier de ferraille se résumait à quelques outils rudimentaires, une masse, une pince à couper la queue des chevaux, une lampe à souder et un marteau...
Un matin d’avril 1992, au pied d’un de ses dieux de métal, il me raconta en deux ou trois mots l’origine de son œuvre : tu vois petit, c’est en me promenant un jour dans les bois que j'ai vu une souche et, plus loin, un bout de ferraille. J'ai soudé la souche sur le bout de ferraille... Alors j'ai changé de dimension. » Ça me rappelait d’autres destins, celui du Facteur Cheval ou de René Raoult, un autre Breton, un autre créateur de totems. Toujours le même déclic : une pierre, un tronc d’arbre et chez Robert un bout de métal.
La création de chaque Divinité obéissait à un protocole précis, personnel, énigmatique... Au matin, à peine levé, le combat contre la tôle commençait. L'ermite sculpteur surgissait de sa cabane et redressait à grands coups de masse les vieilles tôles rouillées, humides de rosée. Ça grinçait, ça gémissait. Robert aplanissait, affinait les pièces au marteau sur son enclume, son tas, comme il disait, donnant des volumes inquiétants aux statues. Très concentré, il tordait, torturait, triturait la ferraille, traçant à la craie des lignes blanches pour fixer les contours des formes, un bec, une corne, une chevelure, un sein. Avec précision, il assemblait de bas en haut les morceaux de tôle sculptée, qu'il soudait à froid, enfreignant ainsi toutes les lois du matériau noble. Le travail de Robert s'achevait par un vernissage des statues au rustol et une grande fête de trois jours à chaque printemps où il invitait avec Anne-Marie, sa femme, sa muse, tous ses amis, ses frères de l’art sauvage qui déambulaient un verre à la main sous l’œil métallique des statues.
Lui, l'immigré breton, l'ancien commando, l'anarchiste, prit ainsi progressivement sa revanche d'artiste populaire, imprimant sa secrète souffrance dans le métal, le fer qu'il faisait plier à grands coups de marteau dans le silence de son champ de barbare. Toute la journée, tous les jours de l'année, Robert Le Lagadec a pétri ainsi avec allégresse des morceaux de cuves à mazout, des portes de chaudière, donnant ainsi une nouvelle vie aux anciens dieux celtes qui sommeillaient dans sa mémoire lointaine. Quand on venait le voir, Robert frôlait avec volupté les statues qui dressaient leur cou métallique vers le ciel et murmurait: « L'homme n'est pas encore né. Je montre sa douloureuse naissance. C'est ma façon magique de concevoir la sculpture... »
Une statue monumentale domine le champ: Clameur. Elle transpire de douleur et d'effroi. Son sexe est dressé, le visage déchiqueté. Les bras sont écartés dans une prière silencieuse, secrète, inquiétante. C'est l'homme inachevé, l'homme qui n'est pas encore sorti de sa condition animale, qui crie au milieu des herbes et des fleurs : « Aidez-moi à naître ». À sa gauche, l'Albatros qui n'arrive pas à s'envoler, cloué au sol. L'oiseau des mers se révolte : il a le poing tendu dans un signe de vengeance contre tous ceux qui l'ont persécuté à travers les siècles. À sa droite, un couple mi-homme, mi-bête s'affronte dans une danse frénétique. La femme menace l'homme qui demande pitié et ouvre ses bras en croix. Amour primitif, amour de fer. Parmi les pommiers, un Prométhée à tête de serpent, assis sur un rocher, protège le feu sacré qu'il a volé, et tout autour, comme jetés dans les fougères, des filaments de ferraille sculptée, masques de métal, boucliers de guerriers, visages de déesses celtiques et d'hommes prostrés. L'univers de Robert Le Lagadec fut celui d'un chercheur d'absolu, dur, tragique, cosmique.