05.10.2008
Mystères et légendes de nos campagnes

Mercredi 8 octobre 2008 sortie de mon nouveau livre Mystères et légendes de nos campagnes, une grande enquête dans un passé légendaire englouti à jamais dans l'épaisseur du temps, un étrange voyage dans l'inconscient collectif français.
Il y a longtemps déjà, au siècle dernier, les femmes et les hommes des campagnes se réunissaient une fois par semaine autour de la cheminée. À cette époque, la nuit abritait les mille et une créatures de l’imagination paysanne et il était bon de se retrouver à plusieurs familles à l’abri du vent, de l’orage ou du brouillard. Les veillées devinrent ainsi au fil des siècles un carrefour important de la culture populaire, un lieu où on lisait les almanachs vendus par les colporteurs, où l’on discutait entre voisins des troupeaux ou de la moisson et où les jeunes gens se rencontraient.
Au cours de ces veillées, les paysans écoutaient en silence des mendiants ambulants qui colportaient des nouvelles venues des quatre coins du pays et racontaient des histoires étranges de sorcières, de lutins, de fées et de fantômes.
Aujourd'hui, on dit que la fée Électricité a chassé toutes ces croyances et ces légendes. Pourtant, les cultes des pierres, des eaux et des arbres à loques sont toujours pratiqués aujourd’hui par des milliers d’anonymes, coutumes qui condensent les croyances françaises profondément ancrées dans la mémoire collective. Aujourd’hui encore, les rebouteux et les guérisseurs continuent leurs pratiques empiriques, officiant dans les arrière-salles de restaurants ou de bistrots de campagne.
Ce livre propose de réveiller le petit peuple des créatures surnaturelles, de sortir de l’oubli Mélusine et la Vouivre, de faire danser à nouveau les korrigans et les gobelins. Il évoque aussi la présence mystérieuse des villes englouties et des forêts enchantées et fait découvrir les croyances et les traditions populaires si riches et encore si présentes dans la plupart des régions de France, de la Bretagne à l’Alsace, de la Normandie à la Provence.
12:12 Publié dans France mystérieuse | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : france, sorcières, fées, lutins, fantômes, traditions populaires
15.08.2008
Rumeurs sur la presqu'île
CHRONIQUES DE L'ÉTÉ
Claude Arz (1997-2002)
OVNIS SUR KERJOUANNO
Les amateurs de phénomènes célestes étranges seront comblés en apprenant qu'un OVNI a traversé le ciel bleu de la plage du Fogeo le samedi 9 août vers 21 heures. Pour une fois les témoignages convergent car plusieurs dizaines de personnes ont rapporté avoir vu " comme un feu d'artifice ". Certains plus attentifs ont même affirmé que le phénomène a commencé par le survol de la plage par un grand nuage noir en forme de crabe qui s'est brusquement désintégré en une dizaine de disques ovoïdes. M.Martin, contrôleur de première classe à la SNCF, en vacances au Crouesty, témoigne: " J'étais en train de fumer une cigarette près du tumulus quand une dizaine d'ailes noires venus du Sud ont survolé la petite baie. J'ai cru au début que c'était un groupe de deltaplanes mais la vitesse des disques était hallucinante et leur mouvement silencieux. C'était comme s'ils faisaient du ski dans le ciel. Ils ont fait quelques pirouettes au-dessus de l'océan et puis ils ont disparu. Quand j'ai dit ça à ma femme, elle s'est moqué de moi... " Comme d'habitude dans ce genre d'affaire, la polémique fait rage. Les ufologues ont affirmé que c'étaient des sondes artificielles venues de la Ceinture des Astéroïdes. Quand à M. Riallan, spécialiste des Phénomènes Aériens Spéciaux au ministère de la Défense, lui-même astronome associé à l'Observatoire de Colombes, il confirme le phénomène en ajoutant un fait plus inquiétant: " C'est la troisième fois que ce type de phénomènes lumineux a lieu cet été sur la commune d'Arzon. Les astronomes français affirment que ce sont des résidus de satellites russes. Quant à moi, je n'exclue aucune hypothèse, pas même celle d'un prototype secret américain, genre programme Aurora, pouvant atteindre 10 000 km/h... "
C.A. correspondant du magazine Explorer, le 13.8.97
L'AUTO-STOPPEUSE FANTÔME DU FUSEAU DE JEANNETTE
Le mardi 20 juillet 1999 fut sans doute l'un des moments les plus exceptionnels de la vie de Joseph Lagrange, agent commercial à France Télécom. Rentrant de son travail vers 6 heures du matin, roulant à petite allure à bord de sa camionnette sur la route d'Arzon, il aperçut soudain dans ses phares une forme blanche postée sur le bas côté de la route: c'était une jeune femme vêtue d'un long imperméable blanc, le pouce levé, un grand sourire sur les lèvres. S'arrêtant à sa hauteur, il lui proposa de la prendre en charge. Sans un mot, l'auto-stoppeuse s'installa à l'avant. Tout en roulant, Joseph détailla sa passagère qui regardait en silence droit devant elle. Elle devait avoir une vingtaine d'année; un foulard cachait légèrement ses traits fins et sous son imperméable un pull marin et des jeans moulaient sa jeune silhouette. Aux pieds, elle portait des sandales noires. Un froid immense émanait de tout son corps. Arrivé à la hauteur du fuseau de Jeannette, l'auto-stoppeuse cria: " Attention au camion". Joseph sourit parcequ'il n'y avait pas de camion, ni de voitures d'ailleurs. Il ralentit cependant, son attention portée quelques instants sur la route légèrement brumeuse. C'est juste après qu'il se retourna vers sa passagère: elle avait disparu. Surpris, Joseph stoppa net sa camionnette, regarda sous la banquette, fit le tour du véhicule, appela sur la route déserte légèrement éclairé le lever du soleil. Il n'y avait personne. La jeune femme s'était bel et bien évaporée. De retour chez lui, il racontera plusieurs fois son histoire à ses amis leur répétant comme s'il culpabilisait: " J'ai freiné, regardé tout autour de moi pour voir si elle était là mais elle avait bien disparu ". Plus tard, il apprit qu'une jeune femme, une certaine Marthe Lang, s'était fait tuer il y avait plus de dix ans par un camion à l'emplacement exact de sa disparition et que son fantôme revenait hanter les troisièmes mardis de chaque mois la route d'Arzon... On n'a jamais fourni à Joseph d'autres explications. Son médecin diagnostiqua une transe hallucinatoire et lui presquivit huit jours de repos. Depuis, l'histoire a fait le tour de la presqu'île de Rhuys. Comme la chasse aux fantômes n'est pas encore réglementée, elle est donc ouverte à tous, toute l'année sur la commune d'Arzon. ARZON le 4/8/99
LE TRÉSOR DES VÉNÈTES
Au début du mois de juillet 2000, une folle rumeur a couru sur la baie de Kerjouanno, une rumeur si étrange que les autorités locales ont essayé de l'étouffer au plus vite. En effet, le matin du 3 juillet, Victor Blavier, chef de rayon à La Samaritaine en vacances au Crouesty, remonte comme tous les matins ses casiers à crabes et à sa grande surprise ramène un coffre rempli de plus de dix mille pièces d'étain. Cachant son trésor dans la cave de son studio loué pour ses vacances, Blavier reste muet pendant deux semaines, de peur d'attirer la curiosité des services fiscaux à son encontre. Mais un soir de grande beuverie au Yacht, il déballe tout à un journaliste indépendant, un certain Peter Oniric qui dès le lendemain révélera l'affaire dans son journal, Chronique de la Presqu'île, décrivant avec un luxe de détails la découverte d'un fabuleux trésor au large du Fogeo et appelant les touristes qui s'ennuyaient à venir gratter sans tarder le sable des plages de la presqu'île. Craignant une invasion de tous les allumés de la région, les services du patrimoine ont immédiatement qualifié la découverte de Blavier de " supercherie d'un touriste illuminé " et " de propos irresponsables d'un assoiffé du golfe ". Pourtant, début août, le célèbre archéologue morbihannais Loïs Coatmeur, a sauté sur l'occasion pour affirmer qu'il s'agissait bien d'une partie du fameux trésor vénète que tous les amateurs cherchent en vain dans la région depuis plus de cent ans. C'est ainsi qu'il évoqua sur une radio locale le déferlement des féroces légions de César sur l'Armorique chevelue à la conquête du commerce de l'étain monopolisé par les Vénètes, précisant que ceux-ci anéantis par les troupes romaines au cours d'une terrible bataille navale au large d'Arzon au 1er siècle avant J.C., entraînèrent avec eux au fond de l'océan des milliers de tonnes d'étain (Leur valeur actuelle est évalué à 8 millions d'euros). Et c'est ainsi que la rumeur fit son chemin. Fin août, Victor Blavier est parti avec son butin sans laisser d'adresses laissant derrière lui des dizaines de curieux grattant le sable de la plage du Fogeo à la recherche du fabuleux trésor des Vénètes. C. ZAR Arzon, le 14/8/2000
LA FEMME EMMURÉE
Au mois de juin 2001, un couple anglais d'une cinquantaine d'années, Rogers et Joan Mitchell, est hébergé pour une nuit en chambre d'hôte dans une superbe maison néogothique rue Centrale à Arzon. Le cadre est somptueux et la nuit promet d'être calme. Pourtant vers minuit, la femme est réveillée par des pleurs étouffés qui proviennent de l'armoire placée juste en face du lit. Elle tremble et écoute sans bouger. Les pleurs se font insistants. Soudain, elle voit une créature fantomatique féminine traverser la pièce. Elle réveille son mari, qui voit lui aussi l'ombre lumineuse accompagnée de gémissements. Il allume la lumière. Rien. Il sort dans le couloir. Pas un bruit. Seul le ronronnement de la chaudière trouble le silence de la maison. Les pleurs reprennent. La femme tremble et veut partir immédiatement. Elle déclarera plus tard avoir passé la pire nuit de sa vie, avec les pincettes de la cheminée à la main, tellement elle s'était sentie angoissée dans cette chambre à écouter les pleurs venant des murs et à sentir une présence invisible terrifiante roder autour de son lit. On peut en rire. Toujours est-il que vers 4 heures du matin, le couple fuit la maison, maudissant ses hôtes pour terminer le reste de la nuit à grelotter dans leur voiture devant l'Office du Tourisme. Au matin, le mari portera plainte à la gendarmerie de Sarzeau pour nuisance nocturne et préjudice moral. Les gendarmes enregistrent la plainte et dans l'heure qui suit, l'adjudant chef Trucheau se rend à la maison hantée. Le propriétaire, charmant gentilhomme anglais, écoute un sourire aux lèvres l'histoire du gendarme. Le couple a dû rêver. D'ailleurs, " ses amis " confie -t-il "voient partout des fantômes et Joan Mitchell. sort d'une dépression nerveuse ". De retour à la gendarmerie, Trucheau, en gendarme scrupuleux, fait une rapide enquête sur la maison et son propriétaire, et découvre que plusieurs témoins ont rapporté la même histoire. Les témoignages (notamment deux) étalés sur plusieurs années concordent. L'affaire lui semble glauque. Il décide d'en parler au procureur de Vannes, qui se moque de lui dans un premier temps. Pourtant, celui-ci signe un ordre de perquisition et le soir-même, le gendarme Trucheau, en compagnie d'une dizaine de gendarmes, visite la maison hantée sans rien trouver jusqu'au moment où l'adjudant se souvient du témoignage du couple anglais : les pleurs venaient de l'armoire. Alors, déplaçant celle-ci, il découvre derrière un placard dans lequel se tient debout la momie emmurée d'une femme, la bouche ouverte dans un ultime cri. Le propriétaire est arrêté et avoue avoir emmuré sa femme Mathilde, malade dont il ne supportait plus les jérémiades incessantes. Puisqu'elle était citoyenne britannique, personne n'avait signalé sa disparition... mercredi 1er août 2001
Informations pratiques: pour rencontrer le fantôme de Mathilde, rodez du côté de la maison à tourelles rue Centrale, plutôt une nuit de pleine lune au mois d'août. Peut-être surprendrez-vous une ombre, un frôlement en flânant le long des murs. Les portes du surnaturel sont ouvertes
LES CROCOS D'ARZON
C'est le 3 juillet 2001 que Roseline Blanconnier, retraitée de la SNCF, se rendit à la gendarmerie de Sarzeau et expliqua auprès de l'adjudant-chef Trucheau que Germaine Le Goff, sa meilleure amie et voisine de palier, avait été dévorée par des crocodiles surgis brusquement d'une bouche d'égout à la hauteur du 20 rue des Cap-Horniers. Écoutée poliment par l'adjudant, elle fit une longue déposition où elle décrivit avec un luxe de détails comment son amie avait été happée par les crocs d'un gigantesque crocodile aux mâchoires luisantes, entraînant par les pieds la malheureuse au plus profond des égouts arzonnais. Certes, avoua-t-elle, elle n'avait pas été directement témoin du drame mais elle avait bien vu un saurien jeter un oeil avide sur la rue et les trottoirs alentour quelques minutes après la disparition de son amie. Inutile de dire qu'on prit Roseline pour une vieille folle mais comme Germaine n'était toujours pas revenue au bout d'une semaine, la gendarmerie se permit de visiter son appartement. Les pièces soigneusement rangées respiraient la cire et le benjoin mais nulle trace de Germaine. Une heure plus tard, l'adjudant-chef Trucheau lança un avis de recherche dans toute la presqu'île et fit une fouille ordonnée dans les égouts du quartier du Cap-Horn. Les recherches furent infructueuses: on ne trouva qu'une sandale que Roseline affirma appartenir à son amie. Dès lors, les habitants du Port Crouesty eurent peur de croiser les crocodiles blanchâtres et affamés. Un égoutier, Samir, expliqua sur une télévision locale que puisque ces grands reptiles venaient des lacs des régions chaudes, il était fort possible qu'ils se soient acclimatés dans les eaux tièdes du port et comme le journaliste lui demandait comment ils avaient pu y venir, celui-ci inventa un réseau mystérieux de canaux souterrains qui reliaient les grands fonds atlantiques et les ports bretons. C'est à ce moment-là que Roseline disparut à son tour. La psychose gagna les esprits les plus rationnels d'Arzon. Les enfants ne sortaient plus jouer, les passants se firent plus rares à partir de 20H et les restaurants se vidèrent. Un barman de la brasserie Le Transat affirma même qu'il avait distingué vers 22h deux larges museaux de crocodiles qui fouinaient dans une poubelle près de sa terrasse en claquant bruyamment leurs mâchoires. Un marchand de journaux certifia avoir entendu plusieurs fois vagir dans les bosquets du côté de la Maison du Port. Très vite, les gens du quartier cherchèrent un responsable à ces mystérieuses disparitions. Certains montrèrent du doigt des marins qui collectionnaient d'après les services de sécurité toutes sortes d'animaux exotiques. Il citèrent ainsi le cas d'un grand voyageur qui avait eu l'autorisation d'élever dans sa maison un crocodile mâle du nom d'Omar et qui s'était échappé par les toilettes un matin de printemps, rejoignant ainsi d'autres congénères femelles. La confusion s'installa quand l'adjudant-chef Trucheau donna l'ordre d'abattre à vue les reptiles; le grand maître d'une secte, la Confrérie du dieu Sebek (dieu-crocodile des anciens égyptiens) intervint pour dire que l'arrivée des crocodiles étaient le signe annonciateur d'une nouvelle ère de paix et d'harmonie et qu'il ferait un procès à la Ville d'Arzon pour cruauté envers animaux. Cette affaire occupa plusieurs semaines la population d'autant plus qu'on rappelait à qui voulait l'entendre que la présence de crocodiles dans les égouts n'était pas une nouveauté. Ainsi, l'écrivain Rainer Custer au début des années 90 avait déjà révélé ce phénomène insolite dans un livre intitulé Quand les sauriens nous guettent, indiquant que " tous les égoutiers savent bien qu'au dessous du port du Crouesty, il leur est interdit de pénétrer dans un couloir, gardé, jour et nuit, par trois CRS armés et masqués qui parcourent les labyrinthes puants sur un bateau à moteur armé de mitrailleuses. " Pour conclure, ajoutons que la gendarmerie n'a jamais retrouvé les deux vieilles amies de palier Roseline Blanconnier et Germaine Le Goff parties sans doute pour un très long voyage. 5 août 2001
LE VAMPIRE DU YACHT
Tout le monde connaît Bambino, le délicieux prince des nuits d'Arzon, posté chaque soir à l'avant de son Yacht flottant au milieu du port de plaisance, mais peu savent que le même Bambino a abrité dans les caves de son bar un vampire qu'il avait ramené de Grèce au printemps 2001. Au début, tout se passa très bien. Chaque nuit, après la fermeture du Yacht, Bambino descendait en secret dans les sous-sols de la capitainerie, muni d'un panier-repas. Là, il entrait dans un studio-cabine où trônait un somptueux cercueil en chêne sculpté de loups aux babines retroussées. Avec précaution, il en faisait sortir un vieux vampire qui, l'œil malin, s'étirait voluptueusement et s'asseyait sur un tabouret. Le rituel de la toilette pouvait commencer. Habillé comme un duc de la cour du roi Friedrich, le vampire se disait vieux de trois cents ans et s'appeler Guillaume Loiseau, du nom de son père mordu par un loup dans les forêts de Bohème. Le vampire était élégant, et il fallait masquer les rides de son visage. Alors, plein de tendresse pour la créature, Bambino l'aidait à se maquiller avec des baumes orientaux et des crèmes hypoallergéniques. Pour finir, Bambino coiffait la longue crinière blanche de la créature qui grognait de plaisir. Puis, il lui versait dans un grand verre en cristal un litre de sang de bœuf que le vampire sirotait à la paille. Vers deux heures du matin, Bambino et le vampire Guillaume Loiseau quittaient le port et filaient enlacés danser au Malvern jusqu'à l'aube. Mais les choses se dégradèrent car la créature était malicieuse et Bambino un peu naïf. Au mois de juin, Sylvie Assous, une jeune comédienne en vacances, cliente du Yacht, entendit des bruits insolites sur la terrasse. " Il y avait un homme assis qui me regardait fixement, raconta-t-elle plus tard. J'ai eu soudain l'affreuse sensation d'être observée par une créature aux yeux luisants , quelque chose de malfaisant". Les témoignages s'accumulèrent, confirmant que le Yacht était le théâtre d'inquiétants phénomènes. Ainsi des officiers anglais qui logeaient sur le port surprirent un soir une ombre voûtée qu'ils décrivirent " comme un moine vêtu d'une coule noire grimpant à quatre pattes sur la façade du Yacht ". En juillet, un membre de la brigade nature qui couchait dans une chambre du sous-sol entendit toutes les nuits de son séjour, entre trois et cinq heures du matin, de longs gémissements venant d'une cabine des sous-sols. Au mois d'août, la jeune serveuse du Yacht se plaignit de maux de tête violents et de profonds piqûres au cou " la nuit, dira-t-elle candide, j'ai l'impression que quelqu'un me boit le sang ". Le vampire avait soif... Certains clients observèrent même que Bambino était devenu fébrile et que la fermeture du Yacht se faisait de plus en plus tôt. Quand l'adjudant-chef Trucheau, alerté par ces rumeurs, vint aux nouvelles, Bambino hilare jura que toutes ces histoires étaient le fait de mauvaises langues qui en voulaient à sa réussite. Pour montrer sa bonne foi, il lui fit visiter les cabines du sous-sol toutes remplies de caisses de bières et de whisky mais sans cercueil ni vampire. Le drame éclata au milieu du mois d'août, quand Bambino, venu comme à son habitude approvisionner en sang frais le vampire, le découvrit suçant gouluement le cou de la jeune serveuse allongée nue dans le cercueil du monstre. Ivre de jalousie, Bambino planta un pieu dans le cœur du vampire qui poussa un long cri déchirant et tomba en poussière à ses pieds. Ainsi finit au Crouesty la carrière de Guillaume Loiseau. Ce soir-là, Bambino offrit une tournée générale sous l'oeil malicieux des barmen et le Yacht resta ouvert jusqu'au lever du soleil. Claude Arz, spécialiste en vampirologie. 19/8/2001.
LE DAUPHIN DU FOGEO
On l'appelle le dauphin du Fogeo. 1,78 m pour 65 kg. Au premier coup d'œil, on sait qu'on à faire à un sportif. Un vrai pur-sang, du haut de gamme. Ventre plat, œil vif, il surgit sur la plage tous les matins exactement à 11 h 25. Il hume l'air, jette un regard semi-circulaire sur le lagon bleu et se caresse les nageoires. La mer est belle, ourlée de petites vagues écumeuses, comme il l'aime. Il va pouvoir s'exprimer. Quand il plonge, c'est l'instant que toute la plage attend. Il fend l'eau fraîche de ses nageoires luisantes et glisse jusqu'à la bouée jaune tel un grand mammifère marin, les yeux au raz des vagues. On perçoit juste le petit claquement de ses bras musculeux dans l'eau translucide. Il sourit dans la vague, s'ébroue, fait le crawl, s'amuse à l'Indien. La tête dans l'eau, le corps à l'horizontale, il frétille, plonge et refait soudain surface le nez dressé vers le soleil. Au bout d'un quart d'heure, il surgit de l'eau comme Prométhée déchaîné. Le soleil inonde son corps lustré de petites gouttes d'océan. La plage applaudit le champion. De retour sur la plage, il sèche ses nageoires et son ventre doré. Allongé sur le sable, il scrute la dune et en fin connaisseur, ne déteste pas poser un oeil sur les longues jambes des créatures alanguies au soleil. Il aime aussi commenter l'actualité et quelquefois laisse percer une pointe de nostalgie à l'égard de sa Russie familiale. Son grand-père, puissant propriétaire terrien, dut fuir la révolution bolchevique et se réfugier en France comme ouvrier lamineur mais, aime-t-il à dire entre deux plongeons dans l'eau bleue du Fogeo, " Sans la révolution, je n'existerai pas ". On n'en saura pas plus. Que fait-il dans la vie? Cadre, avocat, ouvrier, employé, directeur d'usine ? Sous les nageoires, le secret est bien gardé. Le dauphin du Fogeo est avant tout un aristocrate des mers, dont le seul regard rieur stoppe toutes les questions saugrenues sur son statut social. On sait que c'est un poisson athlétique qui fait de grands sauts au large de la presqu'île de Rhuys depuis maintenant bientôt trente ans, et que cela suffit à son équilibre. A la fin de l'été, le dauphin repart sur son vélo pour son hivernage dans les marais de Saint-Étienne-du-Mont où il lutine sa dauphine 11 mois durant.
Claude Arz, le kangourou des mers. 13/8/2001
16:29 Publié dans Petites histoires cruelles | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Rumeurs, légendes urbaines
01.07.2008
Le martelage de la rate

Le martelage de la rate, Gaston Vuillier, 1899
Chazal le metze (sorcier) soigne un enfant .
08:54 Publié dans Sorcellerie des campagnes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sorcellerie

